Le journal d’un guide à Hawaii

The end

Voici un petit condensé de la dernière partie de mon séjour à Hawaii.

28 mars 2015

Un point sur les compétitions tout d’ abord, avec une petite vidéo sur le contest de Makaha. Vous remarquerez que c’ est fait avec les moyens du bord mais c’ est surtout pour donner une idée globale des conditions et de l’ ambiance présente ce week-end là.

Un autre lien sur la Da Hui Expression Session organisée pendant la compétition du Pipeline Warrior, courant février. Elle a permit à 6 bodysurfeurs locaux de pouvoir s’ exprimer pendant 45 min dans un Pipeline assez solide et pas forcément parfait. A ce jeu là Mark Cunningham et Kai Santos ont su tirer leur épingle du jeu en scorant de très bonnes vagues.

Enfin le contest des lifeguards a eu lieu au début du mois de Mars. Malheureusement la compétition n’a pas été lancée à Pipeline mais sur le banc de sable à côté. Des petites vagues molles et quasiment on-shore toute la journée, des conditions pas vraiment hawaïennes pour le coup. Surprenant car les conditions s’ annonçaient bien meilleures pour les jours à venir, cependant le bodysurf était couplé à deux autres compétitions de surf, un QS dames et un Pro Junior. On peut donc supposer que la discipline a souffert de cette accumulation. Mike Stewart aura bien essayer de faire décaler la compète, mais en vain.

Le format est particulier, chacun passe deux fois pendant 20 minutes et on cumule les deux meilleurs scores de chaque série pour établir un classement final.

Je me retrouve dans une série à 7, et après avoir observé les heats précédents je pense m’ être bien débrouillé et avoir exploiter au maximum ce que l’ océan avait à nous offrir. Mais clairement les juges ne sont pas du même avis et je me rends vite compte que les scores sont établis à la tête du client. Pas grave, dans ma deuxième série les conditions se sont améliorées et je prends de bien meilleures vagues… pour obtenir exactement les mêmes notes!

Ca aurait pu être pire, certains n’ ont même pas été notés. Bref, beaucoup d’ approximations, et donc de gens frustrés par l’ organisation  » à l’ arrache ».

Au final Mike Stewart est déclaré vainqueur, quelques minutes après que l’ organisation ait remis le trophée à Mark Cunningham… une erreur dans le comptage des points apparemment. Je termine au beau milieu du classement général.

Outre l’ organisation et le jugement, ma plus grosse déception vient du fait que le contest n’ ait pas eu lieu à Pipe. J’ attendais ce moment depuis le début de mon trip, afin de pouvoir profiter du spot en petit comité. Je me sentais vraiment à l’ aise sur la vague et prêt à en découdre, ce sera pour la prochaine fois.

 

Les conditions du jour…

En parallèle, j’ ai pu continuer ma découverte des spots, en surfant aux quatre coins de l’ île. Le vent a changé tout au long du mois dernier ce qui nous a forcer à chercher les bons spots. Un mal pour un bien car désormais je sais où aller dans n’importe quelle direction de vent, et c’ est toujours bénéfique de varier les vagues. De plus chaque spot possède son petit groupe d’ irréductibles bodysurfeurs locaux, j’ ai donc pu rencontrer encore plus de monde.

Pupukea

 

makapuu

 

Sandy beach

 

et son fameux shorebreak

 

makaha

 

Pas rassasiés, Sean et moi décidons de pousser le bouchon: nous allons passer quelques jours sur l’ île de Kauai, voisine d’ Oahu. Une petite heure d’ avion et nous y voilà. Nous sommes hébergés par David Gochros, vice-président de la Hawaii State Bodysurfing Association, dans une superbe maison en pleine campagne sur le North Shore. Il sera notre guide pour ce séjour, lui qui connaît le coin depuis une trentaine d’ années.
L’ endroit est magnifique et vraiment différent d’ Oahu. Plus verte et beaucoup moins touristique, hormis une seule et véritable ville ce ne sont que des villages que nous trouvons. Très peu de béton et d’ aménagement, ce qui fait de Kauai un lieu authentique, loin de l’ « américanisation » d’ Oahu.

Kauai, rivières et vallées

Hanalei bay

 

Autant le dire tout de suite, on a pas vraiment scoré au niveau des vagues car le vent était défavorable. Mais nous avons fait le tour de l’ île et pu apprécier le potentiel qu’ elle offre: des reefs world-class et des plages de sables désertes. Il n’ y a pas vraiment de bodysurfeurs à Kauai à part David et un ou deux autres mais l’ accueil des locaux à été très correct. L’ expérience à été positive, je serais ravi d’ y retourner pour scorer ces vagues dans de meilleures conditions.

 

pour accéder au spot

 

secrets beach

Secrets beach

A notre retour sur Oahu nous accueillons les gars du Wedge qui seront présents pendant une dizaine de jours. Ils ont débarqué à quinze avec femmes et enfants, et ne sont pas là pour enfiler des perles… Ils louent ce qu’on peut qualifier de « putain de barraque » juste en face du spot d’ Off-The-Wall.
Par chance ils m’ invitent à squatter leur maison pendant leur séjour, je peux donc m’ échapper du van quelques temps pour mener la vie de château. Au programme: jacuzzi d’ après session, parties de billard, barbecues et bières sur le balcon.
Je peux constater que les liens entre les hawaiiens et les californiens sont bien réels, tout ce petit monde se mélange et se raconte les anecdotes de session ou autre. Ca fait plaisir d’ être au coeur du poulet, les gars sont sympas et me proposent l’ hospitalité pour un futur séjour en Californie.

 

Vue depuis maison

Vue depuis la maison

 

jacuzzi

Jacuzzi de compète

 

Pendant cette période nous surfons Off-The-Wall principalement, Pupukea, Rockpiles et un bon Waimea shorebreak. Nous passons deux jours sur la Westside pour scorer Makaha et faire du Supsquatch.
Nous sommes souvent une dizaine à l’ eau ce qui permet de se faire une place parmi les surfeurs et de surfer plus de vagues au final. Bonne émulation, tout le monde s’ encourage et se pousse à faire toujours mieux.
Ce fut un plaisir de passer ces quelques jours en leur compagnie, il me tarde de les revoir, à Hawaii ou au Wedge, voire en France pourquoi pas.

 

session

Session en bonne compagnie

Rockpiles

wedge crew

Wedge Crew sur le Supsquatch

Après leur départ il ne me restait plus qu’ une dizaine de jours avant mon retour en France. La fin de l’ hiver se fait sentir et la fréquence des gros swells ralentit. J’ en profite pour checker la collection de palmes de Sean et d’ autres passionnés de caoutchouc. Je n’ ai jamais vu autant de paires de marques et de formes différentes, il y en a bien plus que j’ imaginais.

 

collection de sean

La collection de Sean

Dans le tas, quelques trouvailles

dérives pour palmes

dérives pour palmes !

dérives pour palmes

Voilà ce que ça donne

viper

Les toutes premières Viper, noires avec le rail recto verso

 

C’est l’occasion d’ investir dans une paire de Duck Feet UDT (Underwater Demolition Team), créées pendant la Seconde Guerre Mondiale pour l’ armée américaine et réputée pour leur puissance. J’ ai testé, c’ est assez lourd à porter mais ça envoie du bois!

 

UDT's

UDT’s

La fin du trip approche et je surfe une dernière fois Pipeline et Rockpiles en compagnie de Monsieur Mike Stewart, salue mes amis du North Shore puis rejoins Sean chez lui afin qu’ il m’ emmène à l’ aéroport le lendemain.

 

pipe

Bye Bye Pipe

Et là un miracle se produit pour mon dernier jour, Point Panic se réveille! Le tout premier swell de sud de la saison vient frapper Oahu et le spot marche à la perfection, c’ est offshore toute la journée. Pas de temps à perdre, je dois être à l’aéroport en fin d’ après-midi.
Je retrouve les gars de Panic’s et le show peut commencer: les gars connaissent leur vague et fracassent le spot. La taille est de 1m à 1m50 sur les plus gros sets. La machine est en route et je peux assister à l’ une des plus incroyables sessions de ma vie. Toutes les vagues sans exception ouvrent et des que je remonte au pic je vois tous les autres gars bien calés dans le barrel ou en train d’ envoyer des tricks. Je n’ arrête pas de faire des allers retours, il y a en moyenne une quinzaine de bodysurfeurs dans l’ eau mais ça tourne bien. Quelques vilaines braques dans le lot mais ça fait partie du jeu.
Mike Stewart nous rejoins et ajoute encore plus de magie à cette journée.
Le spot tient son rang de haut lieu du Bodysurf, et au total je passe plus de 5 heures dans l’eau. Y’ avait-il un meilleur moyen de dire aurevoir? Je ne crois pas. Je prend une douche express sur le spot et embrasse une dernière fois mes acolytes. Sean me dépose à l’ aéroport, je suis encore shooté par tous ces bons rides. Dans l’ avion j’ ai dormi comme un bébé.

une parmi d'autres

Une parmi tant d’ autres

Sean qui score son home spot

 

moi

et moi qui essaye de l’ imiter

sean et moi

Attention à la braque

tonton mike et moi

La p’tite photo qui va bien, avec Tonton Mike

Vous l’ aurez compris le séjour se termine en apothéose. A l’ heure du bilan je pense avoir atteint mes objectifs, tant au niveau sportif que social.
Les compètes se sont bien passées et les liens sont désormais bien établis entre Hawaii et Anglet, je compte bien en faire profiter les gars du club à l’ avenir.
Un grand merci à tous les bodysurfeurs hawaiiens pour l’ accueil qui m’ a été réservé et en particulier à Sean Enoka pour m’ avoir pris sous son aile et été le meilleur guide possible.
Et évidemment je remercie tous les gens qui m’ ont soutenu dans cette aventure, de prés ou de loin: la famille et les amis les Guides de Bains Angloys et ses 4 mousquetaires Alberte Bruno Michel et David, les boyz de la section bodysurf, la famille Espil et tous ceux qui m’ ont envoyé des messages de sympathie et partagé les infos sur le trip.
A bientôt sur Anglet ou ailleurs, ALOHA.

 

 

 

 

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